Les souvenirs d’un passé brisé

Une jeune femme marche dans la rue haussée sur ses talons noir paillette que certains, moqueurs et jaloux qualifieront de provocateur. Elle sait que tous les regards sont tournés vers elle; mais peut lui importe, elle a appris à vivre avec, avec le temps. Le bruit rythmé de ses pas sur la chaussée en béton ralentit près d’une maison de la presse spécialisée dans les revues people. Le carillon du magasin retentit. Elle s’accroupit délicatement afin que personne ne puisse apercevoir les dessous de sa jupe beaucoup trop courte lorsqu’elle attrape un magazine au titre accrocheur. Ses longs cheveux blonds en cascade dégringolent sur ses lunettes mouches ; le journal lui glisse des mains et retombe sur le sol dans un bruit de papier froissé. Elle reste debout quelques minutes les yeux perdus dans le vide en se demandant comment elle réussira à se pencher.

Au même instant, un jeune homme marche dans la rue traînant les pieds sur la chaussée, un style que certain, moqueurs et jaloux qualifieront de provocateur. Et pourtant aucun regard n’est tourné vers lui, mais il a appris a vivre avec, avec le temps. Le frottement de ses chaussures sur la chaussée en béton ralentit devant une maison de la presse spécialisée dans les magazines people. Le carillon du magasin retentit.

Cette scène est une scène simple et banale du quotidien, à laquelle Léopold c’est habitué, voir même lassé avec le temps. Assis derrière le comptoir de sa boutique, il attrape un journal qu’il feuillette avec nonchalance, rêvant d’une retraite bien mérité après tant d’année de travail. Il sait pourtant qu’il ne peut pas encore arrêter, pas maintenant, que sa condition physique le lui permet encore largement et que nombreux ont été ceux à le lui répéter. Mais n’a-t-il lui même pas eu des jour si difficiles que les mots lui en manquaient? Oui, bien sûr, les efforts n’ont pas été physiques et rester assis dans son magasin discutant et distribuant tickets et cigarettes ne l’ont pas tellement fatigué. Mais la douleur qui le ronge chaque heure de chaque jour, le dévorant de l’intérieur, lui coupant la faim, et le torturant les quelques minutes de sommeil que lui accorde son esprit sont beaucoup plus dures à surmonter que n’importe quel mal de dos ou rhumatismes.

Aucun des trois ne fait attention à l’autre bien trop occupé chacun dans son monde, différent et menaçant. Tout les oppose et pourtant leurs regards se croisent; ou plutôt les yeux noirs et profonds d’un jeune homme croisent le verres, noirs, ronds et luisant d’une jeune fille et les cernes noires creusées sur le visage d’un homme. Cela ne dure qu’une seconde, où le monde s’arrête pour eux, trois étrangers qui ne se connaissent pas et dont les destins sont pourtant liés. Cette seconde peut changer leur vie, à jamais…..Mais personne n’a le pouvoir de stopper le temps et la vie reprend.
Gêné, et ne sachant quoi faire les deux hommes ramassent d’un mouvement mécanique le magazine jonchant le sol.
« Merci »
La phrase part, comme une claque; sans contrôle ni retenue. Elle se mord la lèvre jusqu’au sang, regrettant immédiatement ses paroles. Ces hommes elle les connaît sans oser les reconnaître. Les souvenirs de son enfance se troublent dans une image floue enveloppée par les larmes qui ont trop souvent coulée. Comment le hasard a t’il encore pu les mettre sur sa route?
Et si il ne s’agissait après tout que du destin?

Publié dans : histoire longue |le 17 octobre, 2013 |Pas de Commentaires »

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