Archive pour le 17 octobre, 2013

Cette souffrance si particulière…

Marie souffrait atrocement. D’aussi loin qu’elle se souvenait elle n’avait jamais ressentit une pareille douleur. Allongée sur ce lit depuis des heures maintenant, elle fermait les yeux, enfonçait ses ongles dans le matelas et serrait aussi fort que possible les draps avec ses mains, dans l’espoir d’apaiser cette brûlure qui parcourait tout son corps. Marie souffrait atrocement, et pourtant….un sentiment de bonheur exquis s’emparait d’elle et semblait lui montrer que cette douleur était nécessaire, qu’il fallait qu’elle la surmonte, qu’elle n’avait pas le choix, que sa vie en dépendait. Alors qu’elle savait que plusieurs personnes s’affairaient autour d’elle, un bourdonnement insupportable l’empêchait d’entendre ce qu’ils disaient mais elle sentit une main se poser sur son épaule et Marie se sentit tout de suite moins seule, sans pour autant que le supplice ne disparaisse. Alors qu’elle pensait avoir utilisé toutes ses ressources, son corps se déchira une unique et dernière fois avant que la souffrance ne s’arrête brusquement et que son coeur se remette à battre normalement. Mais le soulagement fit rapidement place à une peur panique lorsqu’elle entendit des cris résonner à travers la pièce et ce durant de longues secondes. Puis elle sembla en une sorte de sursaut se rendre compte de la réalité et elle ouvrit les yeux car elle se souvenait à présent que ces pleurs allaient devenir sa raison de vivre. Et pour la première fois depuis des heures, des larmes de joies coulèrent sur les joues de Marie lorsque que la sage-femme déposa le nouveau né dans ses bras.

Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

L’anniversaire

Sur le chemin qui longeait la riviére , Jeanne passa une dernière fois la main dans ses cheveux pour s’assurer que sa coiffure n’avait pas bougée. Elle avait une toute nouvelle robe et portait à ma main gauche la merveilleuse bague que lui avait offerte son mari. Son coeur battait à la chamade, comme au premier rendez-vous, et Jeanne se remémora en souriant tous les instants extraordinaires qui avaient ponctué leur amour; le rencontre, leur premier baiser, leur vie en couple, sa demande en mariage, leurs disputes, leurs enfants, tout ce temps passé ensemble; en un seul mot la vie. On était le 27 mars et ils fêtaient ce jour-là leur anniversaire de mariage. Jeanne regarda sa montre; elle ne voulait surtout pas arriver en retard. Quelques minutes plus tard, elle franchir la porte d’entrée et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Jeanne pris les tulipes blanches qu’elle avait rangées dans son sac ainsi qu’une grand inspiration avant de chuchoter dune voix tremblante:

« Je sais que ce n’est pas à la fille d’offrir des fleurs, mais c’est un jour si spécial aujourd’hui, cela méritait bien une exception… »

Puis elle s’agenouilla, posa le bouquet sur le marbre froid et indifférent de la pierre tombale, et au moment ou une larme tomba sur le portrait de son mari, elle murmura:

« Bon anniversaire mon amour… »

Jeanne avait 88 ans et elle et son mari, même disparu, fêtait leurs noces de diamant.

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Ce soir là…..

Andrew était installé sur son canapé, seul, télé éteinte, lumière allumée, livre fermé, bras croisés sur la poitrine. Il souriait. Ses yeux était fixés depuis de longues secondes sur la lampe en suspension au dessus de la table basse et il semblait hypnotisé par la lumière puissante qui se dégageait de l’objet. Il le trouvait si majestueux cet éclat, si puissant, pourquoi n’avait-il jamais pris le temps de l’observer ? Mais cette pureté, aussi parfaite était-elle, fini tout de même par l’éblouir et Andrew ferma les yeux. Il se concentra alors sur le bruit régulier et rassurant de la pluie qui battait contre les carreaux de la pièce, et dont la mélodie si particulière semblait s’accorder à présent avec les pulsions de son coeur. Pour la première fois depuis longtemps, Andrew ne l’entendait pas cette pluie que tous les passants devaient maudire…non, il faisait bien plus que cela; il l’écoutait, et avec tellement d’attention , qu’il parvenait presque à sentir les perles d’eau tièdes ruisseler sur sa peau. Lorsque Andrew s’habitua au tintement de la pluie et que celle-ci devint presque inaudible, toujours en fermant les yeux, il se focalisa sur le canapé. Il sentait le cuir froid se dessiner sous ses paumes et la douceur des coussins qui épousait la forme de son corps se matérialiser dans son dos.
Andrew avait pris conscience de tout ce qui l’entourait, mais une question le chagrinait encore; que lui arrivait-il? Ce n’est que lorsqu’il porta ses mains à son ventre et qu’il sentit des centaines d’ailes de papillons battre frénétiquement, qu’il parvint à trouver une réponse ; il était amoureux. Oui….c’était ça…c’était ce sentiment si étonnant qui, ce soir là, pouvais rendre des choses aussi futiles que la lumière, la pluie ou un canapé à ce point intéressantes….

Ce soir là..... dans histoire courte lumiere-300x225

Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

La fenêtre

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Pierre avait pour habitude de coller son front contre la vitre embuée et froide de la fenêtre de sa chambre tôt le matin pour observer les passants trop pressés de l’avenue St Jean Baptiste. Il prenait un certain plaisir à s’imaginer leurs pensées, à essayer de plonger dans leur conscience, à tenter de décrypter leurs émotions, leurs sentiments, et leur vie sur leur visage. Ce jour là, la seule personne que vit Pierre à cette heure si matinale fut la silhouette sombre et floue d’un jeune homme, étouffée par la fumée glacée qui s’évaporait d’entre ses lèvres. Ses pas résonnaient tristement sur le pavé gris et humide de la rue, et même le vent semblait avoir arrêté sa course folle entre les arbres pour laisser l’exclusivité du moindre bruit à ce personnage si particulier. Pierre rapprocha encore un peu plus son visage de la vitre pour mieux voir; ce garçon lui semblait si familier… Il parvint enfin à distinguer plus nettement ses traits et Pierre découvrit avec stupeur que des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues blessées, et que celles-ci, tombant sur ses doigts, s’entremêlaient au sang et aux pétales rouges d’une rose que le jeune homme écrasait de rage au creux de sa paume. Pierre pouvait à présent entendre distinctement le désespoir sans fin de cet inconnu et il parvenait aussi à imaginer la scène qu’il avait subit quelques heures plus tôt. Un mot mal compris, un rire nerveux, l’incapacité de se reprendre, l’énervement, la rose envoyée au sol, la gifle lui brisant le visage, la rupture, les cris, les larmes, et la tige piquante toute serrée entre ses doigts dont il n’avait pu se séparer et qui lui transperçait la chair. Pierre se rendit alors compte qu’il avait mal lui aussi; qu’un poids étouffait son cœur au fond de sa poitrine, l’empêchant de respirer. Ce n’est que lorsqu’il vit sa main droite tachée de rouge et qu’il s’éloigna quelque peu de la surface vitrée qu’il compris que dans la désorientation du matin, ce n’était pas contre sa fenêtre qu’il c’était dirigé, mais contre son miroir…..

Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

Le cadenas

Elle regardait droit devant elle lui tournant le dos et essayait d’arrêter les larmes qui coulaient le long de ses joues et lui brûlaient la peau. Ses mains s’étaient figées quelques minutes plus tôt sur la rambarde enneigée du pont et elle n’osait pas les retirées de peur que le monde ne s’écroule autour d’elle. Elle avait froid et elle sentait les cadenas gelés se cogner contres ses vêtements. Ils auraient pu être heureux et elle le savait, mais la terre c’était arrêtée de tourner à cet instant tout comme ses larmes qui formaient à présent des perles de verre sur son visage. Elle l’entendit se rapprocher d’elle et elle sentit sa main se poser sur son épaule:
« Je suis désolé, mais il n’y a pas assez de place pour notre cadenas sur ce pont »

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Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

La discussion

« Laisse lui la liberté de céder à ses passions !

-Non, c’est hors de question, je te lai déjà dit! C’est beaucoup trop risqué! Il pourrait lui arriver tellement de choses, je ne me le pardonnerai jamais!

-Tu es tellement vieux jeux! Elle est jeune, c’est maintenant ou jamais…Laisse là un peu pensée ce qu’elle veut…que veux-tu qu’il lui arrive?

-Mais tu es totalement inconsciente ma pauvre! Elle n’a qu’une vie, comme nous, et elle précieuse, je t’assure. Je ne la laisserai se détruire comme ça, je ne veux pas quelle souffre!

-Et si cette souffrance était utile; nécessaire? Tu y as pensé a ça? Elle a besoin de faire ses expériences. Tu l’empêche de respirer là ! Si seulement tu pouvais la laisser tranquille, au moins pour une journée..

-Tu délire ma pauvre! Et puis tu sais très bien que je ne la laisserai pas toute seule une seule seconde, je serais toujours là, même dans les situations les plus critiques, pour la rattraper, pour l’empêcher de faire un pas de trop…un pas quelle pourrait un jour regretter. Et puis de toute manière, elle a besoin de moi, sinon elle ne pourrait pas vraiment être elle, et surtout elle n’arriverait pas à se faire violence.

-Il n’empêche…J’aimerais vraiment la voir craquer de temps en temps…La voir céder à tout ce qu’elle veut vraiment. Tu vois, j’ai tellement peur quelle regrette de ne pas s’être laisser aller. Et puis après? Il y aura au pire quelques larmes qui couleront….mais tu m’as assuré que tu pouvais les essuyer. Alors je ne vois vraiment pas ce qui t’inquiète à ce point!

-Euh excusez moi? Vous êtes vraiment très gentilles toutes les deux, mais je suis fatiguée, le soleil c’est couché depuis des heures maintenant et j’aimerais en faire autant si ça ne vous dérange pas.

-Oh excuse nous, on ne voulait pas t’empêcher de dormir, mais c’est le seul moment pour nous de se poser pour discuter.

-Oui, je comprends bien, mais je pense que ça suffit pour aujourd’hui. »

La jeune fille se retourna dans son lit, soulagée et heureuse de ce silence qui régnait à présent autour d’elle. C’est vrai…cette conversation était sans doute indispensable mais il était plus de 2 heures du matin et elle en avait marre d’entendre sa Raison et sa Liberté se disputer en boucle dans sa tête.

Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

Les souvenirs d’un passé brisé

Une jeune femme marche dans la rue haussée sur ses talons noir paillette que certains, moqueurs et jaloux qualifieront de provocateur. Elle sait que tous les regards sont tournés vers elle; mais peut lui importe, elle a appris à vivre avec, avec le temps. Le bruit rythmé de ses pas sur la chaussée en béton ralentit près d’une maison de la presse spécialisée dans les revues people. Le carillon du magasin retentit. Elle s’accroupit délicatement afin que personne ne puisse apercevoir les dessous de sa jupe beaucoup trop courte lorsqu’elle attrape un magazine au titre accrocheur. Ses longs cheveux blonds en cascade dégringolent sur ses lunettes mouches ; le journal lui glisse des mains et retombe sur le sol dans un bruit de papier froissé. Elle reste debout quelques minutes les yeux perdus dans le vide en se demandant comment elle réussira à se pencher.

Au même instant, un jeune homme marche dans la rue traînant les pieds sur la chaussée, un style que certain, moqueurs et jaloux qualifieront de provocateur. Et pourtant aucun regard n’est tourné vers lui, mais il a appris a vivre avec, avec le temps. Le frottement de ses chaussures sur la chaussée en béton ralentit devant une maison de la presse spécialisée dans les magazines people. Le carillon du magasin retentit.

Cette scène est une scène simple et banale du quotidien, à laquelle Léopold c’est habitué, voir même lassé avec le temps. Assis derrière le comptoir de sa boutique, il attrape un journal qu’il feuillette avec nonchalance, rêvant d’une retraite bien mérité après tant d’année de travail. Il sait pourtant qu’il ne peut pas encore arrêter, pas maintenant, que sa condition physique le lui permet encore largement et que nombreux ont été ceux à le lui répéter. Mais n’a-t-il lui même pas eu des jour si difficiles que les mots lui en manquaient? Oui, bien sûr, les efforts n’ont pas été physiques et rester assis dans son magasin discutant et distribuant tickets et cigarettes ne l’ont pas tellement fatigué. Mais la douleur qui le ronge chaque heure de chaque jour, le dévorant de l’intérieur, lui coupant la faim, et le torturant les quelques minutes de sommeil que lui accorde son esprit sont beaucoup plus dures à surmonter que n’importe quel mal de dos ou rhumatismes.

Aucun des trois ne fait attention à l’autre bien trop occupé chacun dans son monde, différent et menaçant. Tout les oppose et pourtant leurs regards se croisent; ou plutôt les yeux noirs et profonds d’un jeune homme croisent le verres, noirs, ronds et luisant d’une jeune fille et les cernes noires creusées sur le visage d’un homme. Cela ne dure qu’une seconde, où le monde s’arrête pour eux, trois étrangers qui ne se connaissent pas et dont les destins sont pourtant liés. Cette seconde peut changer leur vie, à jamais…..Mais personne n’a le pouvoir de stopper le temps et la vie reprend.
Gêné, et ne sachant quoi faire les deux hommes ramassent d’un mouvement mécanique le magazine jonchant le sol.
« Merci »
La phrase part, comme une claque; sans contrôle ni retenue. Elle se mord la lèvre jusqu’au sang, regrettant immédiatement ses paroles. Ces hommes elle les connaît sans oser les reconnaître. Les souvenirs de son enfance se troublent dans une image floue enveloppée par les larmes qui ont trop souvent coulée. Comment le hasard a t’il encore pu les mettre sur sa route?
Et si il ne s’agissait après tout que du destin?

Publié dans:histoire longue |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

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