Archive pour octobre, 2013

vous êtes extraordinaires

Faite pour le mieux. La vie vous offre un choix, difficile ou pas, prenez-le. C’est une chance, croyez moi. Alors oui; ça sera dur, bouleversant, intense et tout à la fois, mais pas insurmontable, car quelque soit votre décision on sera derrière vous, tout le temps, jusqu’au bout. Prenez votre temps, chacun de votre côté, ou ensemble, en vous confrontant, en vous aimant, en riant, en pleurant….choisissez pour le mieux. En tout cas, quoi que vous fassiez, ne regrettez rien, jamais, si il en est ainsi c’est que le destin l’aura voulu, et sachez qu’on ne lutte pas contre le destin, car malgré les apparences trompeuses, c’est lui qui nous maintient en vie.

Vous êtes des personnes extraordinaires, vous avez su vous le montrez et vous le resterez. Vous avez fait un chemin magnifique et ne vous inquiétez pas, vous le continuerez d’une manière ou d’une autre. Vous avez vécu tellement de moments magiques , vous avez tellement appris l’un à l’autre, ne reniez rien, jamais, car vous ne pouvez pas regrettez ces millions de choses qui vous ont fait sourire.

Alors voilà, tout est dit. Aujourd’hui tout cela vous appartient, c’est à vous d’en faire ce que vous voulez. Mais seulement, promettez nous une seule et unique chose; ne vous faite pas trop souffrir surtout….

Publié dans:feeling |on 27 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

la visite

La jeune fille passa une giclée d’eau froide sur son visage; elle avait besoin de réfléchir. Après avoir essuyé ses mains sur son vieux tablier, elle pris une profonde inspiration et s’assit sur une des chaises de la cuisine. Ses pensées se bousculaient et s’entremêlaient à une vitesse folle dans sa tête. Est-ce que l’histoire que le jeune homme qui avait frappé à la porte ce matin là et qui venait de partir était vraie? Elle avait appris à ne pas se fier aux inconnus, qui plus est faisait du porte à porte et en réalité, elle n’aurait jamais du ouvrir, mais une force incontrôlable l’avait pousser à écouter tout ce que cet homme avait à lui transmettre sans jamais intervenir ou le mettre à la porte. Et à présent, malgré son côté très rationnel,la jeune fille avait un doute  qui grandissait dans son esprit sans pouvoir s’arrêter et l’empêchait de faire la moindre activité. Les paroles du jeune homme semblaient virevolter au dessus d’elle et la posséder, si bien qu’elle ne pouvait que les croire, que penser qu’elles étaient source de vérité, une vérité qui lui échappait peut être pour l’instant, mais une vérité quand même. Et au fur et à mesure qu’elle acceptait l’histoire tellement improbable qu’on venait de lui raconter, plus son esprit semblait se libérer et s’éclaircir, et une joie intense s’empara de tout son corps. Elle jeta un dernier coup d’œil par la fenêtre; le jeune homme s’éloignait.

Gabriel s’éloignait de la maison de Marie. Il était satisfait de lui. Sa mission sur terre s’était avéré plus facile que prévue; il s’était attendue à plus de réticence de la part de jeune fille quand à la venue au monde du messie. Dieu serait content de lui.

Publié dans:histoire courte |on 21 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

vous n’avez pas le droit de lâcher

Vous avez pas le droit de lâcher maintenant…On a vécu tellement de chose ensemble, tellement de rire, tellement de larmes. Vous avez toujours été là l’un pour l’autre même si les apparences criaient parfois le contraire, alors aujourd’hui, vous n’avez pas le droit de craquer, pas tout de suite, pas du tout. J’ai trop besoin de vous, vous avez trop besoin l’un de l’autre. Ce n’est rien….juste un mauvais moment à passer et je sais qu’au fond de vous, même si la force vous abandonne, vous avez cette petite poussière de courage qui va vous poussez à continuer, jusqu’à la fin; parce que l’univers ne pourra pas avancer sans vous, parce que je ne pourrais pas continuer sans vous…..

Publié dans:feeling |on 19 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

Cette souffrance si particulière…

Marie souffrait atrocement. D’aussi loin qu’elle se souvenait elle n’avait jamais ressentit une pareille douleur. Allongée sur ce lit depuis des heures maintenant, elle fermait les yeux, enfonçait ses ongles dans le matelas et serrait aussi fort que possible les draps avec ses mains, dans l’espoir d’apaiser cette brûlure qui parcourait tout son corps. Marie souffrait atrocement, et pourtant….un sentiment de bonheur exquis s’emparait d’elle et semblait lui montrer que cette douleur était nécessaire, qu’il fallait qu’elle la surmonte, qu’elle n’avait pas le choix, que sa vie en dépendait. Alors qu’elle savait que plusieurs personnes s’affairaient autour d’elle, un bourdonnement insupportable l’empêchait d’entendre ce qu’ils disaient mais elle sentit une main se poser sur son épaule et Marie se sentit tout de suite moins seule, sans pour autant que le supplice ne disparaisse. Alors qu’elle pensait avoir utilisé toutes ses ressources, son corps se déchira une unique et dernière fois avant que la souffrance ne s’arrête brusquement et que son coeur se remette à battre normalement. Mais le soulagement fit rapidement place à une peur panique lorsqu’elle entendit des cris résonner à travers la pièce et ce durant de longues secondes. Puis elle sembla en une sorte de sursaut se rendre compte de la réalité et elle ouvrit les yeux car elle se souvenait à présent que ces pleurs allaient devenir sa raison de vivre. Et pour la première fois depuis des heures, des larmes de joies coulèrent sur les joues de Marie lorsque que la sage-femme déposa le nouveau né dans ses bras.

Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

L’anniversaire

Sur le chemin qui longeait la riviére , Jeanne passa une dernière fois la main dans ses cheveux pour s’assurer que sa coiffure n’avait pas bougée. Elle avait une toute nouvelle robe et portait à ma main gauche la merveilleuse bague que lui avait offerte son mari. Son coeur battait à la chamade, comme au premier rendez-vous, et Jeanne se remémora en souriant tous les instants extraordinaires qui avaient ponctué leur amour; le rencontre, leur premier baiser, leur vie en couple, sa demande en mariage, leurs disputes, leurs enfants, tout ce temps passé ensemble; en un seul mot la vie. On était le 27 mars et ils fêtaient ce jour-là leur anniversaire de mariage. Jeanne regarda sa montre; elle ne voulait surtout pas arriver en retard. Quelques minutes plus tard, elle franchir la porte d’entrée et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Jeanne pris les tulipes blanches qu’elle avait rangées dans son sac ainsi qu’une grand inspiration avant de chuchoter dune voix tremblante:

« Je sais que ce n’est pas à la fille d’offrir des fleurs, mais c’est un jour si spécial aujourd’hui, cela méritait bien une exception… »

Puis elle s’agenouilla, posa le bouquet sur le marbre froid et indifférent de la pierre tombale, et au moment ou une larme tomba sur le portrait de son mari, elle murmura:

« Bon anniversaire mon amour… »

Jeanne avait 88 ans et elle et son mari, même disparu, fêtait leurs noces de diamant.

Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

Ce soir là…..

Andrew était installé sur son canapé, seul, télé éteinte, lumière allumée, livre fermé, bras croisés sur la poitrine. Il souriait. Ses yeux était fixés depuis de longues secondes sur la lampe en suspension au dessus de la table basse et il semblait hypnotisé par la lumière puissante qui se dégageait de l’objet. Il le trouvait si majestueux cet éclat, si puissant, pourquoi n’avait-il jamais pris le temps de l’observer ? Mais cette pureté, aussi parfaite était-elle, fini tout de même par l’éblouir et Andrew ferma les yeux. Il se concentra alors sur le bruit régulier et rassurant de la pluie qui battait contre les carreaux de la pièce, et dont la mélodie si particulière semblait s’accorder à présent avec les pulsions de son coeur. Pour la première fois depuis longtemps, Andrew ne l’entendait pas cette pluie que tous les passants devaient maudire…non, il faisait bien plus que cela; il l’écoutait, et avec tellement d’attention , qu’il parvenait presque à sentir les perles d’eau tièdes ruisseler sur sa peau. Lorsque Andrew s’habitua au tintement de la pluie et que celle-ci devint presque inaudible, toujours en fermant les yeux, il se focalisa sur le canapé. Il sentait le cuir froid se dessiner sous ses paumes et la douceur des coussins qui épousait la forme de son corps se matérialiser dans son dos.
Andrew avait pris conscience de tout ce qui l’entourait, mais une question le chagrinait encore; que lui arrivait-il? Ce n’est que lorsqu’il porta ses mains à son ventre et qu’il sentit des centaines d’ailes de papillons battre frénétiquement, qu’il parvint à trouver une réponse ; il était amoureux. Oui….c’était ça…c’était ce sentiment si étonnant qui, ce soir là, pouvais rendre des choses aussi futiles que la lumière, la pluie ou un canapé à ce point intéressantes….

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Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

La fenêtre

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Pierre avait pour habitude de coller son front contre la vitre embuée et froide de la fenêtre de sa chambre tôt le matin pour observer les passants trop pressés de l’avenue St Jean Baptiste. Il prenait un certain plaisir à s’imaginer leurs pensées, à essayer de plonger dans leur conscience, à tenter de décrypter leurs émotions, leurs sentiments, et leur vie sur leur visage. Ce jour là, la seule personne que vit Pierre à cette heure si matinale fut la silhouette sombre et floue d’un jeune homme, étouffée par la fumée glacée qui s’évaporait d’entre ses lèvres. Ses pas résonnaient tristement sur le pavé gris et humide de la rue, et même le vent semblait avoir arrêté sa course folle entre les arbres pour laisser l’exclusivité du moindre bruit à ce personnage si particulier. Pierre rapprocha encore un peu plus son visage de la vitre pour mieux voir; ce garçon lui semblait si familier… Il parvint enfin à distinguer plus nettement ses traits et Pierre découvrit avec stupeur que des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues blessées, et que celles-ci, tombant sur ses doigts, s’entremêlaient au sang et aux pétales rouges d’une rose que le jeune homme écrasait de rage au creux de sa paume. Pierre pouvait à présent entendre distinctement le désespoir sans fin de cet inconnu et il parvenait aussi à imaginer la scène qu’il avait subit quelques heures plus tôt. Un mot mal compris, un rire nerveux, l’incapacité de se reprendre, l’énervement, la rose envoyée au sol, la gifle lui brisant le visage, la rupture, les cris, les larmes, et la tige piquante toute serrée entre ses doigts dont il n’avait pu se séparer et qui lui transperçait la chair. Pierre se rendit alors compte qu’il avait mal lui aussi; qu’un poids étouffait son cœur au fond de sa poitrine, l’empêchant de respirer. Ce n’est que lorsqu’il vit sa main droite tachée de rouge et qu’il s’éloigna quelque peu de la surface vitrée qu’il compris que dans la désorientation du matin, ce n’était pas contre sa fenêtre qu’il c’était dirigé, mais contre son miroir…..

Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

Le cadenas

Elle regardait droit devant elle lui tournant le dos et essayait d’arrêter les larmes qui coulaient le long de ses joues et lui brûlaient la peau. Ses mains s’étaient figées quelques minutes plus tôt sur la rambarde enneigée du pont et elle n’osait pas les retirées de peur que le monde ne s’écroule autour d’elle. Elle avait froid et elle sentait les cadenas gelés se cogner contres ses vêtements. Ils auraient pu être heureux et elle le savait, mais la terre c’était arrêtée de tourner à cet instant tout comme ses larmes qui formaient à présent des perles de verre sur son visage. Elle l’entendit se rapprocher d’elle et elle sentit sa main se poser sur son épaule:
« Je suis désolé, mais il n’y a pas assez de place pour notre cadenas sur ce pont »

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Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

La discussion

« Laisse lui la liberté de céder à ses passions !

-Non, c’est hors de question, je te lai déjà dit! C’est beaucoup trop risqué! Il pourrait lui arriver tellement de choses, je ne me le pardonnerai jamais!

-Tu es tellement vieux jeux! Elle est jeune, c’est maintenant ou jamais…Laisse là un peu pensée ce qu’elle veut…que veux-tu qu’il lui arrive?

-Mais tu es totalement inconsciente ma pauvre! Elle n’a qu’une vie, comme nous, et elle précieuse, je t’assure. Je ne la laisserai se détruire comme ça, je ne veux pas quelle souffre!

-Et si cette souffrance était utile; nécessaire? Tu y as pensé a ça? Elle a besoin de faire ses expériences. Tu l’empêche de respirer là ! Si seulement tu pouvais la laisser tranquille, au moins pour une journée..

-Tu délire ma pauvre! Et puis tu sais très bien que je ne la laisserai pas toute seule une seule seconde, je serais toujours là, même dans les situations les plus critiques, pour la rattraper, pour l’empêcher de faire un pas de trop…un pas quelle pourrait un jour regretter. Et puis de toute manière, elle a besoin de moi, sinon elle ne pourrait pas vraiment être elle, et surtout elle n’arriverait pas à se faire violence.

-Il n’empêche…J’aimerais vraiment la voir craquer de temps en temps…La voir céder à tout ce qu’elle veut vraiment. Tu vois, j’ai tellement peur quelle regrette de ne pas s’être laisser aller. Et puis après? Il y aura au pire quelques larmes qui couleront….mais tu m’as assuré que tu pouvais les essuyer. Alors je ne vois vraiment pas ce qui t’inquiète à ce point!

-Euh excusez moi? Vous êtes vraiment très gentilles toutes les deux, mais je suis fatiguée, le soleil c’est couché depuis des heures maintenant et j’aimerais en faire autant si ça ne vous dérange pas.

-Oh excuse nous, on ne voulait pas t’empêcher de dormir, mais c’est le seul moment pour nous de se poser pour discuter.

-Oui, je comprends bien, mais je pense que ça suffit pour aujourd’hui. »

La jeune fille se retourna dans son lit, soulagée et heureuse de ce silence qui régnait à présent autour d’elle. C’est vrai…cette conversation était sans doute indispensable mais il était plus de 2 heures du matin et elle en avait marre d’entendre sa Raison et sa Liberté se disputer en boucle dans sa tête.

Publié dans:histoire courte |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

Les souvenirs d’un passé brisé

Une jeune femme marche dans la rue haussée sur ses talons noir paillette que certains, moqueurs et jaloux qualifieront de provocateur. Elle sait que tous les regards sont tournés vers elle; mais peut lui importe, elle a appris à vivre avec, avec le temps. Le bruit rythmé de ses pas sur la chaussée en béton ralentit près d’une maison de la presse spécialisée dans les revues people. Le carillon du magasin retentit. Elle s’accroupit délicatement afin que personne ne puisse apercevoir les dessous de sa jupe beaucoup trop courte lorsqu’elle attrape un magazine au titre accrocheur. Ses longs cheveux blonds en cascade dégringolent sur ses lunettes mouches ; le journal lui glisse des mains et retombe sur le sol dans un bruit de papier froissé. Elle reste debout quelques minutes les yeux perdus dans le vide en se demandant comment elle réussira à se pencher.

Au même instant, un jeune homme marche dans la rue traînant les pieds sur la chaussée, un style que certain, moqueurs et jaloux qualifieront de provocateur. Et pourtant aucun regard n’est tourné vers lui, mais il a appris a vivre avec, avec le temps. Le frottement de ses chaussures sur la chaussée en béton ralentit devant une maison de la presse spécialisée dans les magazines people. Le carillon du magasin retentit.

Cette scène est une scène simple et banale du quotidien, à laquelle Léopold c’est habitué, voir même lassé avec le temps. Assis derrière le comptoir de sa boutique, il attrape un journal qu’il feuillette avec nonchalance, rêvant d’une retraite bien mérité après tant d’année de travail. Il sait pourtant qu’il ne peut pas encore arrêter, pas maintenant, que sa condition physique le lui permet encore largement et que nombreux ont été ceux à le lui répéter. Mais n’a-t-il lui même pas eu des jour si difficiles que les mots lui en manquaient? Oui, bien sûr, les efforts n’ont pas été physiques et rester assis dans son magasin discutant et distribuant tickets et cigarettes ne l’ont pas tellement fatigué. Mais la douleur qui le ronge chaque heure de chaque jour, le dévorant de l’intérieur, lui coupant la faim, et le torturant les quelques minutes de sommeil que lui accorde son esprit sont beaucoup plus dures à surmonter que n’importe quel mal de dos ou rhumatismes.

Aucun des trois ne fait attention à l’autre bien trop occupé chacun dans son monde, différent et menaçant. Tout les oppose et pourtant leurs regards se croisent; ou plutôt les yeux noirs et profonds d’un jeune homme croisent le verres, noirs, ronds et luisant d’une jeune fille et les cernes noires creusées sur le visage d’un homme. Cela ne dure qu’une seconde, où le monde s’arrête pour eux, trois étrangers qui ne se connaissent pas et dont les destins sont pourtant liés. Cette seconde peut changer leur vie, à jamais…..Mais personne n’a le pouvoir de stopper le temps et la vie reprend.
Gêné, et ne sachant quoi faire les deux hommes ramassent d’un mouvement mécanique le magazine jonchant le sol.
« Merci »
La phrase part, comme une claque; sans contrôle ni retenue. Elle se mord la lèvre jusqu’au sang, regrettant immédiatement ses paroles. Ces hommes elle les connaît sans oser les reconnaître. Les souvenirs de son enfance se troublent dans une image floue enveloppée par les larmes qui ont trop souvent coulée. Comment le hasard a t’il encore pu les mettre sur sa route?
Et si il ne s’agissait après tout que du destin?

Publié dans:histoire longue |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

Le sommeil de Colombe

Colombe faisait parti de ces gens qui pensent que la nuit confond le jour et que le sommeil n’est qu’un prolongement de la vie. Elle attendait celui-ci dans une impatience perpétuelle, étant certaine qu’il lui offrirait un cocon de liberté, au moins pour quelques heures. Chaque soir se répétait le même rituel, et chaque soir la jeune fille l’espérait avec la même exitation; fermer les yeux, se laisser aller, ne plus penser à rien, et laisser son inconscient lui révéler ce qu’il voulait.

Le 1ier rêve: La beauté de la violence de l’orage

La première chose que Colombe sentit fut le vent qui coulait entre ses doigts et ses cheveux, plus fort qu’à son habitude. Puis elle entendit, dans un frisson le tonnerre résonner au dessus d’elle, et elle compris qu’elle n’avait rien à craindre. Avec le temps Colombe s’était habituée à ne plus avoir peur du bruit familier qu’était celui de l’orage. Comme elle s’y attendait, il ne fallut que quelques minutes avant qu’elle ne sente les premières gouttes de pluie ruisseler sur son visage. Immédiatement elle tourna sa tête vers le haut et un éclat de lumière sursauta dans le ciel et dans se yeux. La cadence éfrainée des gouttes d’eau sur le toit des maisons alentours augmenta encore en créant un bruit assourdissant. Et pourtant Colombe aimait la pluie et sa musique rytmée contre les tuiles. Elle était seule, le sol en pavé résonnait sous ses pieds, et sa robe voltait au rythme de la brise. Colombe se sentait bien, vivante, indifférente. Alors qu’elle faisait un pas en arrière, sa jambe heurta le bois d’une chaise qui se trouvait derrière elle, celle-ci était-elle là depuis le début? Colombe n’aurait su le dire, son attention n’était portée plus qu’au ciel. Sans réfléchir, presque comme une évidence, la jeune fille s’assit dessus et s’agrippa au dossier. Colombe sentait l’osier se dessiner sous ses jambes et au fur et à mesure qu’elle prenait conscience de l’objet sur lequel elle était assise, celui-ci semblait s’élever dans les airs. Colombe en fut persuadée lorsque ses pieds ne touchèrent plus le sol et flottèrent dans le vide comme ceux d’une poupée de chiffon. Mais elle n’avait pas peur, la pluie et le vent formait autour d’elle, dans une sorte de tourbillon, un cocon de sécurité et de chaleur maternelle. Tous ces éléments naturels semblaient communiquer avec elle, lui parler, lui chuchoter à l’oreille. Et Colombe était heureuse, elle leur répondait et elle riait, d’un rire cristallin qu’elle ne semblait jamais avoir entendu auparavant. Le transport spectaculaire continuait son ascension vers le ciel, et alors que le bruit incessant de la pluie s’arrêtait, un camaïeu de lumière éclata aux yeux de la jeune fille. Colombe compris alors que son monde était en train de changer, et que celui qui l’attendait lui permettrait peut-être de se découvrir comme elle avait toujours voulu être.

Le 1ier cauchemar: « Capture son cœur, personne n’en saura rien »

Colombe avait du mal à respirer. Le couloir dans lequel elle se trouvait était beaucoup trop étroit; elle sentait les murs rugueux lui frôler les épaules, la forçant à suivre toujours le même chemin. La jeune fille ne parvenait pas à savoir ce qui la paniquait le plus; l’absence de lumière qui lui interdisait de savoir sa destination ou le calme tragique qui pesait dans cet endroit. Colombe essaya alors de se concentrer sur l’infime frottement que provoquait ses pas sur le carrelage et tenta de se rappeler d’une berceuse qu’avait l’habitude de lui chanter sa maman. Au bout de quelques minutes, la jeune fille sembla s’apaiser légèrement et son rythme cardiaque diminua. Alors qu’elle sentait presque totalement rassurée, elle entendit au loin un pas régulier qui résonnait jusqu’à elle. Colombe s’arrêta net pour pouvoir mieux écouter. Dans un premier temps, un immense soulagement s’empara de tout son corps; quelqu’un venait pour la guider! Mais au moment où Colombe voulu faire demi-tour, ses pieds semblèrent fixés au sol et une force incontrôlable l’empêchait de tourner sa tête dans l’autre direction. C’est à ce moment précis que la jeune fille compris que ces pas ne venaient pas la sauver mais la chercher. Dans un élan de désespoir, Colombe essaya d’accrocher ses ongles aux parois du mur, mais au fur et à mesures que le bruit régulier se reprochait, ceux-ci s’écartaient, laissant la jeune fille sans bouée de sauvetage. Colombe sentit son cœur battre dans ses tempes et retint sa respiration lorsqu’elle n’entendit plus un bruit et que des mèches de ses cheveux se soulevèrent sous la respiration de la personne placée juste derrière elle. Après de longues minutes qui lui parurent des heures, des mains glacées lui enserrèrent le cou et le sol sembla se dérober sous ses pieds comme par magie. Mais pourtant la jeune fille était bien consciente, elle et son agresseur traversèrent le plancher sur plusieurs mètres avant d’arriver à destination. La première chose que sentit Colombe en arrivant fut l’odeur insoutenable qui lui prenait la gorge ; cette odeur pleine de regrets, de tristesse et de larmes. L’odeur de la mort. La pression sur son coup sembla encore s’accentuer et la jeune fille savait qu’il ne lui restait seulement quelques secondes à vivre. La dernière chose que voulait Colombe était de savoir, de savoir celui qui lui voulait du mal. Mais la pièce était plongée dans l’obscurité et la voix de la jeune fille était tétanisée par la peur. Alors que la douleur atteignait son paroxysme, son agresseur lui chuchota à l’oreille:
« Tu ne sauras jamais »
Le coeur de Colombe sursauta et elle ne s’entendit même pas crier avant de s’écrouler au sol.

Le deuxième rêve: L’odeur de ses cheveux

Colombe était heureuse, heureuse comme elle ne l’avait jamais été . Elle ne sentait même plus la chaleur lui brûler les mains et les rayons du soleil traverser ses vêtements. Elle avait envie du courir, de danser, de sourire un peu trop et de rire avec tout le monde. Il ne pourrait jamais plus rien lui arriver, elle le savait, elle était en sécurité à présent, et surtout, elle était comme les autres. Le monde était si beau à regarder si on l’observait avec des yeux d’enfant, et Colombe en restait une, surtout aujourd’hui et peut être seulement pour aujourd’hui, mais ça, elle refusait d’y penser.
La jeune fille s’assit sur le premier banc qu’elle trouva en arrivant au parc, elle savait, inconsciemment, que cet endroit était le bon. Elle entendait son coeur battre dans sa poitrine et porta sa main à sa bouche pour étouffer un sourire. Quelques secondes plus tard, la jeune fille entendit des pas se rapprocher sur le sol sablée près du banc, et elle compris qu’elle ne pourrait jamais ressentir à nouveau un tel instant de bonheur. Une brise se leva et transporta jusqu’à Colombe ce parfum si particulier qu’elle attendait depuis toujours. Son coeur rata un battement et ses doigts s’agripèrent au bois vernis du banc. Il était arrivé. Colombe n’osait pas bouger; elle avait tellement peur que ce moment ne lui échappe. C’est lui qui parla le premier; de tout, de rien, de la beauté de sa tenue, de la douceur de sa voix. La jeune fille ne parvenait toujours pas à se retourner; les yeux tournés vers le sol et comme étrangère à la scène, elle répondait à ses compliments avec une voix légère et un rire cristallin, trop clair. Colombe voulait lui dire, maintenant, tout ce qu’elle ressentait, lui parler de ce feu qui brûlait dans son coeur, la réchauffait et lui donnait envie de vivre un peu plus chaque jour. Mais elle ne pouvait pas prononcer un seul mot. Au bout de quelques minutes, alors que plus personne ne disait rien, le jeune homme pris le visage de Colombe entre ses main, la forçant à se retourner. Elle sentait sa respiration contre sa peau et ses cheveux tomber sur ses yeux. La brise arrêta sa course folle à travers les feuilles et les bruits alentours se turent comme retenant leur respiration. Tout paraissait si parfait, si réel que la jeune fille avait envie d’y croire, mais Colombe compris qu’elle rêvait au moment même où elle sentit ses lèvres abîmées par le soleil se poser sur les siennes.

Le deuxième cauchemar: L’enfance brisée d’un ange sans aile

Colombe pouvait entendre depuis le chemin qui bordait la rivière les rires des enfants s’amusant dans le parc au loin. Elle s’était fait une joie de cette après-midi dès le réveil et elle mourrait d’envie de les rejoindre. Mais Colombe ne pouvait pas courir; elle tenait bien sagement la main de sa maman et elle ne devait pas abîmer les nouvelles chaussures qu’elle avait reçu le matin même pour son anniversaire. On était le dernier vendredi du mois de novembre et Colombe venait d’avoir 6 ans. Arrivées près du petit portillon leurs doigts se délièrent et la mère de la petite fille alla s’asseoir sur un banc près de la balançoire. Avant que Colombe n’aille rejoindre les autres elle lui glissa à l’oreille:
« Fait attention à toi, et surtout aux autres… »
Mais la petite fille s’échappa jusqu’au toboggan sans prendre la peine d’écouter sa mère. Lorsqu’elle arriva, les enfants se turent d’un coup et elle sentit tous les regards se poser sur elle. Colombe entendait comme toujours les autres chuchoter entre eux:  » C’est elle, regarde là » « pourquoi est-ce qu’elle est comme ça? » « Elle est dans mon école, je n’aime pas m’approcher d’elle « , mais la petite fille c’était habituée à ne plus faire attention à leurs remarques. Au bout de quelques secondes les enfants passèrent à autre chose et tout le monde se rua sur le toboggan. Colombe faisait très attention à ne pas glisser sur chacune des barres en fer qui conduisait au sommet malgré les cris des autres qui lui demandaient d’aller plus vite. Une fois en haut, elle ressentait une sensation extraordinaire de vertige qui la comblait de bonheur, et elle s’élançait à tout vitesse dans le tube en métal. Mais au fur et à mesure de la descente, la petite fille était envahi d’une peur panique; celle de l’arrivé et de cette quasi impossibilité à éviter la chute sur le sol goudronné du parc. Alors, comme à chaque fois, Colombe freina avec les pieds et les mains, se brûlant la peau contre les parois du jeux. Juste derrière elle un petit garçon s’écria:
« Tu n’es qu’une trouillarde Colombe!!
La petite fille secoua la tête pour montrer son désaccord
-A oui? Je suis sûr que tu n’es pas capable de monter en haut de la toile d’araignée là-bas. »
Le coeur de Colombe se mis à battre plus fort; elle n’avait jamais réussi un tel exploit et surtout, elle savait qu’elle n’avait pas le droit. Mais c’était peut-être sa seule chance de montrer qu’elle était comme les autres.
Et la peur au ventre, elle parti en direction de la toile en guise de réponse. Alors que, les jambes tremblantes Colombe commençait l’ascension, elle sentit des bras la ramener brusquement en arrière et une gifle lui briser le visage. Sa mère explosa, à bout de souffle, serrant encore bien trop fort le poignet de la petite fille:
« Plus jamais tu m’entends?! Plus jamais! Aller, on rentre! »
Alors que Colombe se dirigeait vers la sortie, elle entendit un des enfants lui chuchoter à l’oreille:
« Je comprends que ta maman te fasse ça; elle à dû tellement te détester quand tu es née. »

Epilogue:La vérité

Tous les matins, Colombe se réveillait en sursaut et cherchait dans l’obscurité à éteindre son réveil. Colombe était une adolescente en déroute, comme tant d’autres, et pourtant cette similitude ne pourrait pas lui enlever sa différence. Toujours dans l’obscurité de sa chambre, la jeune fille se levait et allait ouvrir son placard dont elle savait qu’il était rouge et bleu, même si elle ne pourrait jamais en être sûr. Ce matin là, alors qu’elle avait la main sur la poignée, elle sentit un insecte qui montait le long de son bras. Alors qu’elle imaginait le poids de ses pattes remonter dans son cou, Colombe cria, d’un son presque inaudible, et se frappa dans l’espoir de chasser de son corp le petit animal. Mais dans l’obscurité de la pièce, elle ne pu voir ce qu’il en était advenu. Elle entendit sa mère accourir pour savoir ce qui c’était passé. Mais dans sa différence, Colombe ne pourrait jamais lui raconter son désespoir. Sa mère alluma la lumière, mais dans sa différence, Colombe n’en saurait jamais rien, tout comme elle ne saurait jamais qu’elle était une jeune fille magnifique.
Colombe était un être en déroute, comme tant d’autre, et pourtant cette similitude ne pourrait pas lui enlever sa différence. La jeune fille n’y pouvait rien, et pourtant, elle ne serait jamais comme les autres.
Colombe connaissait à peine monde qui l’entourait mais elle ne pourrait jamais exprimer ce terrible manque.
Colombe était née comme ça, sans avoir pu choisir son destin.
Colombe vivait dans une obscurité perpétuelle, du regard comme de la parole.
Colombe était aveugle et muette. Et Colombe était perdu dans ce monde de fou.

Publié dans:histoire longue |on 16 octobre, 2013 |1 Commentaire »

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